Cette page est régulièrement enrichie avec des articles, expériences,  tests et toute autre information en lien avec l'agroécologie, la permaculture et la gestion des ressources naturelles.


Revue scientifique sur les biopesticides pour le maraîchage en zone tropicale

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Plantes pesticides et protection des cultures maraichères en Afrique de l’Ouest (synthèse bibliographique)
Cette revue, basée sur des publications scientifiques, a pour objectif d’évaluer le potentiel des plantes pesticides comme alternative à l’usage des pesticides de synthèse pour lutter contre les bioagresseurs des cultures maraichères en Afrique de l’Ouest. Elle montre que le principal moyen actuel pour combattre ces bioagresseurs repose essentiellement sur les pesticides de synthèse. Cependant, compte tenu de leur nocivité sur l’homme et l’environnement, en plus de la sélection de populations résistantes chez les bioagresseurs, la recherche de solutions alternatives s’impose. Les plantes pesticides se présentent comme une alternative prometteuse dans le contexte ouest-africain. En effet, diverses espèces de plantes pesticides peuvent être utilisées comme extraits de plantes ou en association avec d’autres cultures pour le contrôle des bioagresseurs.
Celles-ci sont présentées dans le présent article de synthèse.
Yarou.et_al_2017.pdf
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Connaître et favoriser les mycorhizes

Les mycorhizes sont des associations symbiotiques entre un champignon et une plante. Le champignon colonise les racines et obtient les hydrates de carbone produits par la plante, alors qu'en retour la plante obtient les avantages d'une plus grande capacité d'absorption pour l'eau et les nutriments minéraux.

Le mycorhizes sont une composante importante de la biologie et la chimie du sol, cependant, les pratiques agricoles comme le labourage, les engrais minéraux, les monocultures, la fumigation des sols et l'utilisation d'herbicides et des pesticides mènent à leur disparition dans les sols cultivés. En revanche la promotion des associations de mycorhizes est une grande ressource pour une agriculture moderne et durable. Pour avoir des mycorhizes il faut arrêter tout labour. On privilégiera l'installation d'engrais verts et de plantes régénératrices, qui vont aider à augmenter la masse racinaire et la restructuration des horizons superficiels du sol. Parmi les engrais verts on trouver la moutarde, la luzerne et les légumineuses en général : il s'agit de plantes de couverture qui seront sacrifiées pour apporter de la matière organique et des éléments fertilisants, en plus de leur masse racinaire. Le tournesol est une plante efficace qui permet de décompacter le sol grâce à sa racine pivotante. Le fauchage de la plante avant floraison permet de remettre en surface les éléments que les racines ont puisé en profondeur. Les vieux papayers peuvent être utilisés de la même manière : leur racine pivot se dégrade très vite, et le tronc peut être haché et composté. Comme toujours, tous les engrais verts et autre matières organiques doivent être légèrement enfouis ou couverts par un mulch, afin d'être protégés des rayons du soleil, qui les détruiraient en les desséchant. Il existe aussi dans le commerce des fournisseurs de mycorhizes: il s'agit en général de bouts de racines broyées, après avoir été inoculées avec des souches de champignons. Mais dans un sol sain, les mycorhizes devraient toujours être présentes. L'apport de compost favorise également le développement des mycorhizes.

 

Avantages de mycorhizes: 

- augmentation du volume de sol exploré; 

- augmentation jusqu'à 1000 fois de la surface d'absorption; 

- augmentation de la disponibilité de l' eau et des éléments nutritifs à la plage de volume disponible dans le sol et l'utilisation des formes qui sont autrement indisponibles à l'usine; 

- augmentation de l' absorption du phosphore (P), ainsi que das autres macro-éléments (N - azote et K - potassium) et oligo-éléments (Zn, Cu, B); 

- protection contre les champignons et les nématodes parasites et une meilleure santé des plantes; 

- augmentation de la vitesse de la croissance; 

- augmentation de la production et plus uniforme; 

- amélioration de la qualité des produits; 

- une plus grande résistance au stress hydrique et à la sécheresse; 

- moins d' utilisation d'engrais, de l' eau, les pesticides; 

- amélioration de la complexité et de la stabilité du sol des écosystèmes; 

- l' amélioration de la structure du sol.


Tutoriel pour construire son lombricomposteur dans une baignoire

Vous connaissez peut-être les lombricomposteurs d'appartement, ces boites empilées sur plusieurs niveaux, qui permettent de transformer vos épluchures et autres restes de cuisine en nourriture pour votre micro-élevage de lombrics. L'intérêt est double : vous réduisez la facture collective concernant le traitement des déchets et vous obtenez à la fois du compost et du jus de lombricompost ! C'est l'idéal pour vos plantes en pot, vos aromatiques que vous avez placé à coté de la cuisine, bref pour tout ce que vous souhaitez booster.

Si vous disposez d'un jardin, une autre manière très sympathique vous permet de bénéficier de ce système multifonctionnel : le lombricompost dans la baignoire.

Pour réaliser un lombricomposteur-baignoire, procurez-vous les éléments suivants :

- une vieille baignoire (on en trouve parfois dans les encombrants, suite au renouvellement d'une vieille salle de bains) ;

- des planches en bois d'une longueur égale au périmètre de la baignoire ;

- d'un plancher (à fabriquer avec du bois ou à partir d'un panneau en résine ou tout autre matière résistante à l'eau) ;

- deux blocs en béton ;

- deux vieilles bâches ou ombrières ;

- un panneau ou deux d'une surface égale à celle de la baignoire (pour la couvrir) ;

- quatre pièces en bois de type madrier d'une même longueur (plus ou moins 100 cm) ;

- perceuse/visseuse, visses, une scie, un mètre et un marqueur.

MODE D'EMPLOI :

(cliquez sur les photos pour agrandir et faire défiler)

Couper les planches en bois avec la scie, de manière à avoir un cadre. C'est là-dedans qu'il faudra insérer la baignoire. Assemblez tous les éléments à l'aide la perceuse et assurez-vous que l'ensemble est assez solide (photos 1-2).

Une fois placés les deux blocs à l'intérieur de la baignoire (photo 3), vous pouvez procéder à couvrir le tout avec une bâche, à l'aide d'une agrafeuse ou avec la perceuse (photo 4).

On peut choisir de mettre le plancher avant la bâche, mais il sera plus difficile de l'enlever si jamais cela est nécessaire... Le plancher peut-être construit à partir de planches de palettes (photo 6) ou à partir d'un panneau de résine (photos 5 et 7). Notre premier lombricomposteur a été réalisé avec le bois, mais le bois va absorber le jus pendant plusieurs mois, et ce sera seulement une fois qu'il est empreigné que le jus s'accumulera dans le fond. Nous avons donc opté par un plancher en résine (ou plastique ou tout autre matériel hydrofuge), que nous avons soigneusement percé pour favoriser l'écoulement du jus (photo 5).

En fait, les vers n'aiment pas nager (ils vont manquer d'oxygène), et c'est pour ça qu'il faut surélever le plancher, avec tout avantage pour nous qui pouvons récupérer le jus !

Une fois le plancher installé on peut procéder à le couvrir avec une litière (photos 8 et 9). Celle-ci sera à base de compost mûr (c'est notre cas), de fumier bien mûr (idéalement composté), ou de bonne terre humifère. Il faut aussi ajouter de la nourriture rapidement disponible pour les vers : bananes trop mures, feuilles de salade, consoude, fruits et légumes pulpeux, papier toilette, ... C'est à ce moment aussi qu'il faut introduire des vers. Pour démarrer rapidement il en faut entre 400 gr et 1 kg. Si vous n'en avez pas assez ils risquent de "se perdre" dans le lombricomposteur et leur population peut avoir du mal à croître. Nourrissez-les constamment avec les sources de nourriture listées plus haut (le lombricomposteur doit être toujours plein de nourriture). On peut le remplir une fois par semaine, voir toutes les deux si vous souhaitez prendre des vacances ... Une fois rempli, vous devez couvrir le lombricomposteur avec des planches en bois ou autre matière (photos 10 et 11), et ensuite couvrir avec une ombrière : les vers n'aiment pas le soleil direct et ont besoin de fraîcheur.

Si vous avez bien fait les choses, une fois que les vers seront assez nombreux vous obtiendrez le précieux jus de lombricompost, que vous pourrez récupérer dans un bac posé sous le trou de la baignoire (photo 12) ! Il faut plusieurs semaines pour en avoir quelques décilitres, mais c'est gratuit et et il suffit d'en mettre 200 ml par arrosoir. Alors, êtes-vous prêts à lombricomposter ?


Une plante invasive à connaître absolument : Tithonia Diversifolia.

Nous sommes de plus en plus nombreux à chercher des orties, des consoudes et d'autres plantes bien connues pour leurs effets bénéfiques sur la santé humaine et/ou de nos potagers. Mais à La Réunion ou ailleurs en climat tropical, ces plantes sont exotiques et donc rares à trouver. Parfois, même si on en trouve, elles sont difficiles à acclimater.

Pourtant, il y a plein de découvertes en cours et à venir, relatives à toute la palette de plantes tropicales utiles au jardinier. Le tournesol du Mexique en fait partie.

 

Introduit pour ses abondantes floraisons jaunes, à mi-chemin entre la marguerite et le tournesol, Tithonia diversifolia est une espèce invasive. On le trouve ainsi assez facilement tout le long des chemins, des routes, dans les ravines. La plante a une forte pousse à la fin de l'été australe, avant de fleurir entre mai et juin. La biomasse des feuilles vertes est très intéressante en tant qu’engrais vert pour les cultures annuelles, car la plante possède des taux d’azote et de phosphore élevés et se décompose rapidement après avoir été apportée au sol laissant aux cultures des précieux nutriments. A un stade précoce de croissance, les feuilles et tiges vertes sont coupées, hachées et utilisées comme engrais vert. On peut s'en servir de plusieurs façons.

> Soit après un premier passage de buttage, la matière fraîche est étalée sur les buttes à moitié faites à raison de 2 kg/m² puis couvertes avec environ 5-10 cm de terre pour terminer les buttes. Les cultures ne sont alors semées qu’après une semaine au moins, car la chaleur produite par le processus de décomposition des feuilles pourrait endommager les graines.

> Soit on l'utilise en paillage, toujours à raison de 2 kg/m² de matière verte. Il faudra penser à compléter le paillage par d'autres apports, car le tournesol du Mexique se dégrade très rapidement. Par exemple on peut couvrir la couche de paillage avec du compost, puis du broyât ou de la tonte de gazon. Cette méthode s'applique jusqu'à 6-8 semaines après le semis.

La biomasse de Tithonia augmente le taux de matière organique et la fertilité du sol, ce qui augmente les rendements des cultures. Le traitement fournit des nutriments au début de la croissance des plantes, améliorant ainsi l’établissement de la culture par un bon développement racinaire.

 

Un autre usage de la plante est le purin. La règle est souvent la même : 1 kg de feuilles hachées pour 10 litres d'eau. On laisse macérer une bonne semaine, tout en remuant le plus souvent possible, puis on dilue ce purin à 20 % (soit 2 litres de purin plus 8 litres d'eau). On peut alors appliquer sur les plantes pas plus d'une fois par semaine. Elles pousseront fortes et saines. Effet garanti. Les pourcentages des nutriments sont remarquables : 3,53 % d'azote ; 0,42 % de phosphore ; 4,7 % de potassium ; 3,52 % de calcium ; 0,45 % de magnésium [1].

 

Les boutons floraux sont également utilisés. On peut préparer un extrait à 10 % en les faisant bouillir dans de l’eau. Ce traitement peut éliminer 85 % des mouches des fruits (Batrocera Dorsalis) en une heure. A répéter donc plusieurs fois par semaine, voir par jour.

 

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Il ne faut pas oublier que les haies de Tithonia doivent être régulièrement taillées, sinon la plante peut rapidement devenir envahissante. Son association n’est pas recommandée à cause de la compétition des racines avec les cultures. Il ne faut pas abuser de cette plante, car il semblerait qu'elle favorise l'acidité du sol. On veillera donc à varier nos sources de paillage et d'engrais verts.

Tithonia Diversifolia est aussi utilisée au Cameroun pour ses vertus anti-inflammatoires, elle peut vous donner des jolis bouquets de fleurs et fournit également une source de nectar pour les abeilles.

 

[1] F. Kaho, M. Yemefack, P. Feujio-Teguefouet, J.C. Tchantchaouang, Effet combiné des feuilles de Tithonia diversifolia et des engrais inorganiques sur les rendements du maïs et les propriétés d’un sol ferralitique au Centre Cameroun. Tropicultura, 2011, 29, 1, 39-45.

 


Identifier les carences dans vos sols et corrigez-les à l'aide de ce schéma !